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Fusions bancaires en temps de crise Avec les faillites en série des grandes banques mondiales suite au bourbier économique actuel, plusieurs banques moins affectées par la crise -ou du moins elles paraissent être moins affectées- ont saisi l'occasion de racheter à bas prix d'autres banques menacées de dépôt de bilan. L'objectif théorique est de bénéficier de cette aubaine pour grandir les réseaux et augmenter la profitabilité une fois les effets de la crise estompés. Or, la crise a bien démontré que les plus grands groupes bancaires ont été les premiers à succomber et risquer la faillite totale s'il n'y avait pas eu les aides des Etats. Tous les secteurs banquiers, à savoir, banques universelles, banques d'investissements, groupes spécialisés dans le crédit ont pâti du plongeon des marchés mondiaux. Recourir à la fusion dans ce contexte laisse plusieurs interrogations en suspend quant à la solidité financière des nouveaux groupes. Surtout qu'une union entre établissement encore convalescent laisse planer le risque d'une fusion mal digérée, qui pourrait aboutir à un échec. La question est d'autant plus pertinente quand on voit les résultats médiocres de la plupart des fusions engagées outre-Atlantique. En témoigne l'acquisition de la banque d'investissement Merrill Lynch par la Bank of America au dernier trimestre 2008, moyennant 50 milliards de dollars. Malgré le bénéfice net bénéfice de 4 milliards de dollars réalisé par la Bank of America, cette dernière suscite de vives inquiétudes dans les milieux financiers, avec des pertes de 1,8 milliard, et ce, malgré les fonds de 45 milliards de dollars versés par le Trésor américain, ainsi que la garantie du gouvernement fédéral sur 118 milliards d'actifs toxiques dont 75% proviennent de Merrill Lynch. Quant à la banque Merrill Lynch ses pertes, sur l'ensemble de 2008, sont estimées à 26,7 milliards de dollars. En Europe, la situation est aussi inquiétante. Le rachat de HBOS par la Lloyds TSB n'a pas du tout été favorable aux attentes du groupe qui devait devenir, grâce à la transaction, le premier service financier en Angleterre. Résultat, la nouvelle banque issue de cette fusion (Lloyds Banking Group) a été nationalisée avec un capital détenu à 65% par l'Etat, qui garantit également 260 milliards d'actifs toxiques. En France, la BNP Paribas projette de devenir la première banque de dépôt européenne en rachetant la Fortis Bank. Un investissement risqué pour la BNP déjà fragilisée par la crise. D’autres banques telles que la Caisse d'épargne et la Banque populaire ont déjà annoncé leur fusion après de lourdes pertes subies en 2008. Reste donc à voir si ces fusions auront l'effet positif escompté et ne pas se retrouver avec une catastrophe financière. Photo : La Presse. |
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