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Le G7 contre le protectionnisme

Faire face à la crise économique sans abandonner les principes du libre-échange, c’est l'axe central autour duquel ont gravité les discussions du sommet du G7. Les sept pays les plus industrialisés de la planète (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Canada, Etats-Unis et Japon) ont critiqué la résurgence protectionniste qui se met en place dans plusieurs pays y compris au sein du G7.

Lors du communiqué qui a suivi la fin du sommet de Rome, les ministres des Finances du Groupe des Sept avaient déclaré avoir « pris collectivement des mesures exceptionnelles pour répondre à ces défis», ils affirment aussi leur « engagement à agir ensemble en utilisant une palette complète d'outils pour soutenir la croissance et l'emploi et renforcer le secteur financiers ». Au terme de la réunion, les ministres du G7 se voulaient rassurants quant à l'abandon des principes du libre-échange par certains gouvernements au profit de mesures de protection de leur emploi ou de leur industrie. Et aux ministres de souligner que la priorité du G7 est surtout « la stabilisation de l'économie mondiale et des marchés financiers », ainsi que des « Des réformes urgentes du système financier international ». Et d'ajouter: « Nous allons continuer de coopérer pour éviter des répercussions et des distorsions indésirables ».

Le risque est, pour les ministres britannique et allemand, de céder à la tentation protectionniste. Cette crainte est justifiée par le décalage croissant entre les déclarations de principe sur la nécessité du libre-échange et la mise en œuvre de barrières économiques afin de défendre les intérêts nationaux.

Le plan de relance américain (d'un montant de 787 milliards) avait déjà ravivé les craintes vendredi dernier avec la close « Buy American » stipulant que l'acier ou d'autres matériaux utilisés pour les grands travaux prévus par le plan devront être produits aux Etats-Unis. Le Sénat américain s'est toutefois montré relativement rassurant en déclarant que cette disposition devra rester conforme aux lois ou traités commerciaux existants.

Les plans de soutien à l'automobile annoncés par la France et l'Italie ont été également pointés du doigt lors du sommet du G7. Les prêts à taux préférentiels d'un montant de 6,5 milliards d'euros accordés par le gouvernement français aux groupes Renault et PSA Peugeot Citroën, alimentent la polémique. Et ce, malgré l'affirmation de la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, que cette mesure n'était pas un plan protectionniste.

Sur le plan des changes, le G7 s'est montré moins virulent concernant le taux de change du yuan chinois et a « salué les mesures budgétaires prises par les autorités chinoises » et « la confirmation de leur engagement à promouvoir un taux de change plus flexible qui devrait permettre l'appréciation continue du Renminbi et permettre une croissance plus équilibrée en Chine et dans le monde ».

La question du protectionnisme fera aussi l'objet du prochain sommet européen le 1 mars 2009. Elle sera aussi sans doute reprise lors du prochain sommet du G20 qui comprend plusieurs pays émergents tels que la chine, l'Inde et le Brésil.

Photo: La Presse