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L'euro-consommateur est déprimé

Moral en berne pour le consommateur européen ! Les effets de la crise économique : hausse du chômage, perte de pouvoir d'achat et désendettement des ménages pèsent de plus en plus sur l'indice de confiance des euro-consommateurs. Selon une étude de la Commission européenne, l'indice de confiance a reculé de 0,7 point en mars 2007. Une baisse relativement peu conséquente surtout comparée au -1,9 point du mois de février. En Europe, la question de la consommation des ménages est fondamentale dans la mesure où elle pèse 56% du PIB de la zone euro, autant dire que c'est le facteur premier de la richesse économique européenne. Selon certains experts la croissance des seize pays de la zone euro s'était contractée de -1,5% au dernier trimestre 2008.

Conséquences, la perte du pouvoir d'achat et l'envolée de l'inflation à +4,1 %, en juillet dernier, ont fortement ralenti le PIB de la plupart des pays de la zone euro pour l'année 2008. Et les augures pour 2009 ne sont guère plus optimistes pour les ménages. Avec 3 millions de chômeurs en plus en 2008 dont 1,88 million en Espagne, 382.000 en France, 240.000 en Italie et 230.000 en Allemagne, l'hémorragie des emplois n'a pas fini d'affecter et l'économie et le moral des ménages. Les prévisions pour 2010 tablent déjà sur les chiffres alarmants de 10 % en France et en Allemagne et presque 20 % en Espagne où les emplois de courte durée représentent 30 % de l'emploi salarié. Les craintes nées de cette situation poussent logiquement à plus de retenue dans les dépenses de la part des consommateurs qui ont souvent recours à l'épargne de précaution dans les périodes d'incertitudes économiques.

L'enjeu pour les gouvernements européens est de proposer de nouvelles mesures pour instaurer de nouveau la confiance et relancer la consommation. Les plans de relance de la consommation mis en place jusqu'à présent, notamment en Irlande et en Espagne, donnent une large priorité au marché automobile et les ménages les plus endettées. Or, pour le secteur automobile, ces mesures de relance pourront permettre aux constructeurs de liquider leurs stocks sans pour autant garantir un redémarrage de la production. Quant aux baisses d'impôts, au mieux elles n'auront qu'un effet temporaire, au pire elles seront épargnées tant que le contexte économique reste incertain.

Photo : Elsie esq.