Nucléaire: accord entre la France et l'Italie

Le président français, Nicolas Sarkozy, et le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, ont conclu, mardi 24 février, lors du sommet italo-français de Rome un « accord stratégique sur le nucléaire civil ». Cet accord marque le retour de l'Italie à l'énergie nucléaire, qu'elle avait abandonné après l'accident de Tchernobyl.

L'Italie prévoit de construire huit à dix centrales, dont les premières doivent être opérationnelles d'ici à 2018. L'accord stratégique prévoit aussi l'ouverture du marché italien, estimé à 40 milliards d'euros, aux opérateurs français du secteur (EDF, Areva et GDF-Suez).

Les nouvelles centrales, appelées EPR, utiliseront un réacteur pressurisé européen, dernier-né de la technologie atomique. Selon l’accord, Enel aura une part majoritaire dans les centrales et prendra une part industrielle de 12,5 % dans le deuxième réacteur EPR français de Penly en Seine-Maritime. La péninsule italique importe 80% de ses besoins énergétiques, d'où le coût élevé du coût moyen du kilowatt heure d'électricité (2 fois à celui de la France).

Cependant, le retour au nucléaire risque de se heurter à plusieurs difficultés. Le choix du site pourrait, en effet, être problématique avec la résistance des autorités locales. D'un autre côté, la gauche radicale et les écologistes (non représentés au Parlement italien), sans parler des ONG internationales (WWF et Greenpeace), sont hostiles à l'installation de structures nucléaires. Anticipant cette opposition, Berlusconi avait déjà déclaré qu'il ne cédera pas au « fanatisme environnemental ». Surtout que le coût du mégawatt/heure provenant d'une centrale nucléaire est le plus rentable économiquement (30 euros le mégawatt/heure), comparé aux centrales à charbon (39 euros) ou à gaz (57 euros).

Photo: La Presse.
Laisse un commentaire